La rubrique « Sur la bonne piste » met à l’honneur le duo montréalais Bibi Club, sous contrat avec Secret City Publishing, dont le dernier album, Amaro, figure parmi les finalistes du prix Polaris 2026. Le duo développe une signature musicale qui mêle l’avant-pop et la musique électronique à des éléments de dark wave et de néofolk. Le nom « Bibi Club » est inspiré de leur propre discothèque, aménagée dans leur salon — un espace où leurs « bibis » (leurs proches) peuvent venir danser.
Quelle est la partie du processus d’écriture que vous préférez ?
Découvrir la chanson à mesure qu’elle prend forme. Ce moment où l’on puise dans quelque chose de plus grand que soi, de profond et de transcendant. Faire confiance à son intuition et à celle de l’autre pour assembler les pièces d’un puzzle musical qui pourra résonner en vous comme chez les autres.
C’est un travail d’amour, de confiance et de pure créativité. Une façon d’entrer en communion avec la musique et les mots. Parfois, c’est comme découvrir des vestiges anciens qui ont toujours existé, mais qu’il nous appartient de sculpter pour en faire notre propre création. Trouver une façon de les regarder qu’on n’aurait jamais imaginée.
Quel a été le moment le plus marquant de vos séances d’enregistrement jusqu’à présent ?
Chaque journée en studio est spéciale et unique. Pour nous, c’est un endroit sécurisant où nous pouvons expérimenter librement, poser des questions, exprimer nos émotions et faire de nouvelles découvertes ; un lieu où notre instinct nous sert de boussole. Plus on se sent libre de s’exprimer, plus la créativité peut s’épanouir. Nous abordons nos séances en studio sans appréhension, mais avec ouverture d’esprit. Si nous découvrons quelque chose de nouveau ce jour-là, c’est un moment marquant. Si nous ne trouvons rien, cela signifie simplement que nous sommes sur la voie de notre prochaine découverte.
Parmi les moments magiques de l’enregistrement de notre dernier album, le plus mémorable est notre séance au studio Verville à Montréal. Il y avait là un clavecin déréglé, accordé beaucoup trop bas. Notre album s’inspirait de la Tenture de l’Apocalypse, une œuvre médiévale conservée à Angers. Dès qu’Adèle a commencé à jouer du clavecin, un portail vers une autre époque s’est ouvert à nous. Nous avons alors trouvé la clé de notre album : ce qu’il devait raconter, la forme qu’il devait prendre et ce qui le rendrait unique.
Dans quelle mesure les tendances actuelles du marché ont-elles des incidences sur votre processus de création ?
Elles ne l’influencent pas et ne l’ont jamais influencé. Si l’on veut rester en contact avec sa créativité, trouver sa propre voix et tracer son chemin, mieux vaut s’en éloigner.
Nous ne faisons pas de musique pour répondre aux attentes du marché, mais pour créer des liens avec les autres, les inspirer et ouvrir un dialogue grâce à notre langage musical. Bien sûr, nous faisons des tournées, nous sortons des albums et nous connaissons les rouages de l’industrie musicale. Mais pour nous, les tendances et les marchés sont associés au capitalisme et à l’anxiété, et non pas à l’art, aux relations humaines ni à la vie.
Les artistes qui nous inspirent ne font aucune concession. Ils ont leur propre style, suivent leur propre chemin et transcendent le bruit ambiant.
Écoutez Bibi Club sur Amazon Music, Apple Music, Spotify. Rendez-vous sur leur site Web à l’adresse bibiclub.ca.

