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Par Tabassum Siddiqui

Sa passion précoce pour la musique a mené Marie-Eve Rochon vers une carrière dans l’industrie musicale. Elle se souvient que, alors qu’elle était encore toute jeune, sa mère l’emmenait en voiture dans la ville la plus proche pour acheter ses premiers disques vinyle, notamment Purple Rain de Prince (un album qui, selon ses mots, « a marqué ma vie et ma relation à la musique »).

Marie-Eve Rochon, aujourd’hui responsable des licences et de l’édition chez Bonsound, une société musicale de Montréal qui propose une gamme complète de services, a commencé sa carrière dans l’industrie de la musique grâce à sa double expérience de musicienne et de DJ occasionnelle sur les scènes montéralaises.

« La musique a toujours fait partie de mon existence, que ce soit dans ma vie personnelle ou professionnelle, explique Mme Rochon. Je suis encore émerveillée lorsque je découvre une nouvelle chanson, un nouvel artiste ou que je redécouvre un vieux morceau tombé dans l’oubli. Que ce soit en dénichant des perles rares en ligne ou chez les disquaires, ou encore en créant des playlists, cet amour de la musique continue de m’animer aujourd’hui. »

Alors qu’elle se produit au sein du groupe de pop rock local Comme un homme libre, elle apprend que son collègue musicien, Jean-Christian Aubry, vient de cofonder Bonsound dans le but de fournir des services de gestion d’artistes, de production et de vente de spectacles. Désireuse de quitter son emploi dans la vente au détail tout en poursuivant ses prestations scéniques avec le groupe, elle manifeste son intérêt à se joindre à l’entreprise.

« Deux semaines plus tard, malgré mon manque d’expérience dans ce domaine, j’ai amorcé une carrière d’agent de spectacles — un poste que j’ai occupé chez Bonsound pendant une dizaine d’années », se souvient-elle.

Lorsque Bonsound se lance dans l’édition musicale, Mme Rochon relève le défi de créer sa propre maison d’édition, Les éditions Bonsound. Elle suit une formation donnée par l’Association des professionnels de l’édition musicale (APEM) et apprend les ficelles du métier « à partir de zéro ».

Aujourd’hui, son rôle consiste à obtenir des occasions de licence, à promouvoir le vaste catalogue de Bonsound, à cultiver des relations avec les artistes et les partenaires, à participer à des missions d’exportation et à des événements, ainsi qu’à soutenir des projets artistiques. Elle assume également certaines tâches liées au label, notamment la gestion des licences de masters et des droits voisins.

« Plus largement, mon rôle contribue à bâtir un écosystème musical durable en veillant à ce que les créatrices et créateurs avec lesquels nous travaillons soient bien représentés, soutenus et bénéficient de conditions favorables, ajoute-t-elle. Nous voulons développer un catalogue cohérent de grande qualité, établir des relations durables avec notre clientèle et nos partenaires, et promouvoir des artistes originaux et authentiques que nous apprécions vraiment. »

Pour la gestion et l’octroi de licences relatives à ses droits de reproduction, Bonsound est représenté par la CMRRA dans le cadre de ses activités d’édition musicale. Mme Rochon souligne l’importance de cette relation pour le bon fonctionnement de la société.

« Notre collaboration avec la CMRRA constitue depuis plusieurs années un partenariat important pour notre entreprise. La clarté des rapports générés et la facilité de navigation sur le portail CMRRA Direct simplifient sans aucun doute nos tâches administratives, ce qui nous permet de consacrer davantage de temps au développement de notre catalogue et à d’autres aspects de notre travail. Nous apprécions également la disponibilité, l’ouverture d’esprit et la capacité d’écoute de l’équipe : ses membres sont toujours disposés à répondre à nos questions et à nous aider dans nos démarches », ajoute-t-elle.

À une époque marquée par le déclin des ventes de disques, Bonsound s’est lancé dans l’édition musicale afin de diversifier ses sources de revenus et d’explorer de nouveaux débouchés. Bien que les artistes du label aient connu des succès commerciaux au fil des ans (notamment avec la certification « Or » du premier album éponyme de Lisa LeBlanc), l’édition musicale représentait une avenue prometteuse pour leur ouvrir de nouvelles perspectives.

« L’une de mes plus grandes satisfactions est de voir nos efforts pour multiplier les possibilités de synchronisation porter leurs fruits, affirme Mme Rochon. Un placement obtenu grâce au développement et au réseautage peut donner un nouvel élan à un artiste qui travaille depuis des années. Constater ces retombées me rappelle concrètement pourquoi ce travail en vaut la peine. »

« L’un de mes objectifs est de faire découvrir le formidable talent des artistes que nous représentons auprès des équipes des productions audiovisuelles étrangères, ajoute-t-elle. J’aimerais que leur travail dépasse largement nos frontières et trouve un écho dans le monde entier. Je m’estime extrêmement privilégiée de pouvoir collaborer avec tant de personnes talentueuses — et je souhaiterais de tout cœur que leur travail soit découvert et apprécié par le plus grand nombre. »

Son engagement dans l’industrie se traduit par sa participation au conseil d’administration de l’APEM, où elle siège depuis un an. Elle peut ainsi contribuer au milieu tout en poursuivant son propre développement professionnel.

Cette évolution est soutenue par Bonsound qu’elle remercie de l’avoir encouragée. « On m’a donné, à plusieurs reprises, l’occasion de prendre davantage d’initiatives et de développer mon autonomie », confie-t-elle. On m’a également encouragée à me perfectionner en suivant des formations complémentaires et à m’engager dans différentes activités professionnelles qui contribuent non seulement à ma progression, mais surtout à la croissance continue de notre service d’édition. »

Au fil de son parcours professionnel, elle a pu compter sur l’appui et l’inspiration de ses collègues de Bonsound, de l’équipe de gestion des droits d’auteur de David Murphy et Cie, de l’APEM, ainsi que des artistes avec qui elle collabore. Les défis et les revers lui ont également permis de tirer des leçons précieuses.

Pour Marie-Eve Rochon, diriger une équipe qui travaille en étroite collaboration avec des auteurs-compositeurs, des auteures-compositrices et des artistes est une source d’inspiration profonde. L’énergie et l’engagement de la jeune génération d’artistes et de collègues du milieu, qui apportent leur vision unique et leur créativité sur la scène musicale, ne cessent de la motiver.

« Cette génération nous incite à repenser notre façon de faire et fait preuve d’une grande ouverture d’esprit face aux nouvelles idées qui favorisent le renouvellement du secteur. On peut se sentir un peu perdu face à toutes ces nouvelles tendances musicales, qui manquent parfois d’âme et d’authenticité, surtout avec l’avènement de l’IA », explique-t-elle.

« Cela dit, quand je regarde cette nouvelle génération d’artistes qui restent fidèles à eux-mêmes, qui vont de l’avant et créent tout en s’inspirant de ceux et celles qui ont ouvert la voie avant eux et en respectant leurs contributions, je trouve cela très encourageant et rassurant pour l’avenir. »

Pour Mme Rochon, composer avec les changements constants de l’industrie, c’est aussi apprendre à apprivoiser l’incertitude. « Il faut faire confiance à la vie, prendre le temps de respirer un bon coup et laisser les choses se mettre en place naturellement, conclut-elle. Mais surtout, tirer les leçons de nos échecs et de nos erreurs en sachant en dégager quelque chose de positif et de constructif. »

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